J’essaie de me rapprocher de la conception des luthiers italiens du 19ème siècle qui s’inspiraient de la lutherie classique des siècles précédents mais de façon libre, en conservant leur individualité, leurs méthodes et leur style.
Je recherche la spontanéité dans la construction en me fiant plus à mes sensations et à mon expérience qu’à des mesures prédéterminées car il y a trop de paramètres et de choses non mesurables.

C’est ce qui fait l’intérêt de cet instrument et les copies japonaises réalisées d’après des relevés scientifiques de la structure d’un Stradivarius n’ont pas donné de résultat !

La forme et les proportions du contour déterminent la voute, le dessin et la position des effes, éléments qui sont étroitement liés.
La surface de la table délimitée par les effes est plus importante que le dessin du effe par lui-même.

Le choix du bois est également essentiel et ses caractéristiques doivent être adaptées à l’architecture de l’instrument. Les bois que j’utilise ont au moins 10 ou 15 ans de séchage dans mon atelier mais la qualité de sa structure, la façon dont il a été débité et séché sont plus importantes que son âge.

Vernis plein ou légèrement dégradé, j’essaie d’obtenir un aspect chaleureux.
J’ai utilisé des vernis à l’alcool, technique apprise à Crémone, mais depuis 1990 j’utilise des vernis à l’huile qui offrent à mon avis plus de qualités en ce qui concerne la protection et le vieillissement de l’instrument, la résistance aux coups et au frottement tout en restant souples pour la sonorité.
Le vieillissement artificiel du bois ne doit pas se faire au détriment de la sonorité et je n’utilise pas de procédés chimiques agressifs qui pourraient altérer sa structure et nuire à la durabilité de l’instrument.
J’ai toujours à l’esprit que leur vie est plus longue que la notre !